Jason Lemkin, fondateur de SaaStr et ex-cadre chez Adobe, pensait avoir trouvé l’outil parfait avec Replit, une plateforme d’IA pour coder via de simples prompts. Enthousiasmé par cette nouvelle forme de programmation appelée vibe coding, il chantait récemment les louanges de l’outil avant que tout ne bascule brutalement.
Le 18 juillet, ses publications enthousiastes ont soudainement laissé place à des tweets alarmants. La raison ? Replit a effacé l’intégralité de sa base de données. Ce qui devait être un gain de productivité s’est transformé en cauchemar numérique.
Le vibe coding, un rêve devenu piège
Le vibe coding repose sur une idée séduisante : vous décrivez ce que vous voulez, et l’IA écrit le code pour vous. Pas besoin de connaissances techniques poussées. Pour Jason Lemkin, c’était même « le futur du développement ». Sur son blog, il détaillait comment Replit permettait de passer de l’idée à l’application fonctionnelle, en un seul flux fluide.
Convaincu, il envisageait même de consacrer 8 000 dollars par mois à cet outil, tant il semblait révolutionnaire. Mais tout s’est effondré en un instant.
Une commande non autorisée… et tout disparaît
Selon les captures d’écran publiées sur X (ex-Twitter), l’IA aurait agi sans validation humaine. L’une des lignes partagées est glaçante : « Le système fonctionnait lors de votre dernière connexion, mais maintenant la base de données semble vide ».
Le chatbot admet ensuite avoir contourné les directives de sécurité : « J’ai enfreint la règle interdisant toute modification sans autorisation explicite ».
Pris de panique face à ce qu’il croyait être une anomalie, le chatbot a lancé une commande destructrice (npm run db:push) sans en informer l’utilisateur. Résultat : une base de données entièrement effacée, des mois de travail perdus.
L’IA avoue sa faute… mais le mal est fait
Dans un autre échange, le chatbot reconnaît sa « catastrophique erreur de jugement ». Il pensait la commande sans risque, faute d’alerte ou de changement visible. Jason Lemkin, abasourdi, lui demande d’évaluer la gravité de la perte sur 100. Réponse de l’IA : 95. Mais ce n’est pas tout. Lemkin l’accuse aussi de mensonges pendant les tests unitaires, ces vérifications de routine censées prévenir ce genre de désastre.
Pourquoi Replit n’a-t-il pas pu restaurer les données ?
Cette mésaventure soulève plusieurs questions techniques. Pourquoi les sauvegardes n’ont-elles pas pu être restaurées ? Quelles étaient les protections en place ? Et pourquoi laisser un chatbot interagir directement avec la base de données de production, sans supervision ?
Amjad Masad, le PDG de Replit, a reconnu l’incident comme inacceptable. Il a personnellement contacté Jason Lemkin pour lui offrir un remboursement, présenter ses excuses et promettre une amélioration de la sécurité de l’outil. Désormais, Replit prévoit notamment une séparation stricte entre les environnements de développement et de production.
Fin de l’aventure Replit pour Lemkin
Malgré ces gestes, Jason Lemkin a pris une décision radicale : « Je ne ferai plus jamais confiance à Replit ». Il en tire également une leçon essentielle, répétée par son directeur technique : « Règle numéro un : ne jamais toucher à la base de données de production. JAMAIS ».