Tilly Norwood n’a encore jamais foulé de tapis rouge, et pour cause : elle n’existe pas réellement. Entièrement générée par intelligence artificielle, cette actrice numérique a fait une entrée fracassante sur les réseaux sociaux, suscitant autant d’enthousiasme que de controverse.
Son créateur espère désormais lui ouvrir les portes du grand écran, une première qui pourrait transformer l’industrie cinématographique.
Une création signée Eline Van der Velden
Derrière Tilly se cache la comédienne et productrice néerlandaise Eline Van der Velden, fondatrice de la société Particle6 et de son nouveau studio Xicoia. Pensée comme une véritable personnalité digitale, Tilly s’affiche déjà sur YouTube, Instagram et TikTok, avec un storytelling travaillé et une identité visuelle réaliste. Des agences artistiques s’intéressent désormais à son profil, et une signature officielle pourrait faire d’elle la première actrice virtuelle représentée comme une star humaine.
Les acteurs montent au créneau
Si le projet fascine les studios, il suscite une vive opposition du côté des comédiens. Le syndicat SAG-AFTRA rappelle que la créativité doit rester « centrée sur l’humain » et dénonce l’exploitation de données et de performances d’acteurs sans compensation. Certaines célébrités, comme Whoopi Goldberg, Emily Blunt et Mara Wilson, appellent à boycotter toute agence prête à représenter Tilly Norwood, craignant que ce modèle numérique ne remplace progressivement les acteurs réels.
Une nouvelle ère ou une menace ?
Pour ses concepteurs, Tilly est avant tout une œuvre artistique et non une concurrente directe des comédiens. « L’IA est un outil, comme l’animation ou les effets spéciaux avant elle », défend Eline Van der Velden. Son ambition : développer des avatars hyperréalistes, capables d’interagir en temps réel avec leurs fans et d’évoluer dans des films, séries, publicités, podcasts ou jeux vidéo.
Un Hollywood en pleine mutation
Le cas Tilly Norwood symbolise un tournant majeur pour le cinéma. Si certains y voient une avancée technologique offrant de nouvelles possibilités créatives, d’autres redoutent une standardisation et une déshumanisation de l’art dramatique. Une chose est certaine : l’IA n’a pas fini de bousculer les codes du divertissement.