Un réseau de phishing international vient de tomber sous les coups de Microsoft. Le géant américain de la Tech, à travers sa Digital Crimes Unit (DCU), a réussi à neutraliser RaccoonO365, un outil utilisé par des cybercriminels pour dérober identifiants et mots de passe Microsoft 365.
Cette opération met en lumière l’ampleur des cyber menaces actuelles, capables de viser aussi bien des entreprises que des hôpitaux.
Des kits de phishing vendus par abonnement
Grâce à une décision du tribunal du district sud de New York, Microsoft a pu saisir 338 sites web liés à RaccoonO365, perturbant ainsi l’infrastructure technique des criminels. Ce service illégal fonctionnait sur un modèle d’abonnement : il proposait des kits de phishing clé en main, reproduisant à la perfection l’identité visuelle de Microsoft dans des e-mails, pièces jointes et sites frauduleux. L’objectif : inciter les victimes à divulguer leurs données sensibles.
Une efficacité redoutable grâce à l’IA
Selon les experts de Microsoft, cet outil permettait à ses utilisateurs malveillants de tester jusqu’à 9 000 adresses e-mail par jour, tout en contournant certaines protections comme l’authentification multifacteurs. Encore plus inquiétant, RaccoonO365 intégrait désormais des fonctionnalités d’intelligence artificielle renforçant la crédibilité des attaques. Résultat : au moins 5 000 identifiants Microsoft dérobés dans 94 pays.
Des hôpitaux américains dans la ligne de mire
Les pirates ne se sont pas contentés de cibler des entreprises et organisations fiscales. Leur offensive s’est étendue à 20 établissements de santé aux États-Unis, exposant gravement patients et infrastructures médicales. Ces intrusions pouvaient ouvrir la voie à des attaques par rançongiciels (ransomware), menaçant directement la continuité des soins.
Un réseau orchestré depuis le Nigéria
Microsoft a identifié le cerveau de cette organisation, basé au Nigéria. Avec ses complices, il distribuait RaccoonO365 via Telegram, rassemblant déjà une communauté de 850 membres. Pour Microsoft, ce n’est qu’une première étape. « Nous savons que les cybercriminels tenteront de reconstruire leurs opérations. La DCU poursuivra ses actions judiciaires pour neutraliser toute nouvelle infrastructure frauduleuse », a déclaré l’entreprise.