Après avoir cofondé Twitter et soutenu des plateformes sociales décentralisées comme Bluesky, Jack Dorsey revient sur le devant de la scène tech avec Bitchat, une messagerie révolutionnaire.
Fonctionnant uniquement par Bluetooth, sans connexion internet, ni numéro de téléphone, cette application offre un nouveau modèle de communication chiffrée, éphémère et résistante à la censure. De quoi faire de l’ombre à WhatsApp et Messenger.
Une messagerie 100 % Bluetooth, sans Internet ni serveurs
Bitchat repose sur un système de communication peer-to-peer en Bluetooth Low Energy (BLE), permettant aux messages de circuler directement entre les smartphones. Chaque appareil agit comme un relais dans un réseau maillé, élargissant la portée du signal bien au-delà de la portée classique du Bluetooth.
Pas besoin de Wi-Fi, de 4G ou même de numéro de téléphone : les messages sont transmis anonymement, chiffrés de bout en bout, et ne transitent par aucun serveur central. Ils disparaissent automatiquement après lecture, ne laissant aucune trace exploitable.
Un projet engagé pour la liberté numérique
Dorsey ne cache pas ses ambitions : créer une technologie résiliente face aux dérives de la centralisation numérique. Dans un message publié sur X, il encourageait déjà les utilisateurs à “ne pas dépendre des entreprises pour leurs droits”, mais à “les défendre en utilisant la technologie de la liberté”.
Après avoir quitté le conseil d’administration de Bluesky en 2024, l’ex-CEO de Twitter a redoublé d’efforts pour soutenir des outils anti-censure comme Damus. Avec Bitchat, il va encore plus loin : l’application fonctionne même en cas de coupure d’Internet, comme celles ordonnées par des régimes autoritaires.
Des fonctionnalités taillées pour la confidentialité
• Chiffrement de bout en bout
• Messages éphémères
• Communication hors ligne
• Réseau maillé mobile et adaptatif
• Salles de discussion protégées par mot de passe
• Stockage temporaire et retransmission différée
Prochaine étape : l’ajout du Wi-Fi Direct, qui augmentera considérablement la portée (jusqu’à 200 mètres) et la vitesse de transmission (plus de 250 Mbps) du réseau, contre seulement 1 à 3 Mbps avec le Bluetooth LE.
Un clin d’œil à FireChat et aux manifestants de Hong Kong
Bitchat n’est pas sans rappeler FireChat, utilisée par les manifestants pro-démocratie de Hong Kong en 2014 pour contourner la censure via Bluetooth. Mais Dorsey modernise et renforce le concept avec des protocoles de chiffrement plus robustes et une interface inspirée des salons IRC.
Déjà complet sur iOS : un lancement très attendu
Disponible en bêta sur iOS via TestFlight, Bitchat a déjà atteint sa limite de 10 000 testeurs. Face à cet engouement, une version Android et une ouverture publique sont attendues dans les prochains mois.
Jack Dorsey ne se contente pas de lancer une nouvelle application : il propose une nouvelle vision de la communication, plus libre, plus privée et plus résiliente. En pleine ère des faux contenus générés par l’IA, il appelle à reprendre le contrôle de nos outils. Avec Bitchat, il ne s’agit pas seulement de parler, il s’agit de parler librement.