ChatGPT rend bête ! C’est ce que disent les experts du MIT. Une nouvelle étude du prestigieux Massachusetts Institute of Technology alerte sur les effets préoccupants de l’intelligence artificielle sur notre cerveau.
Grâce à des analyses poussées via électroencéphalogramme (EEG), les chercheurs tirent la sonnette d’alarme : utiliser l’IA pour rédiger des textes réduirait significativement notre activité cérébrale, surtout chez les plus jeunes.
Une étude inquiétante sur 54 jeunes adultes
Le MIT Media Lab a mené une étude inédite pour mesurer l’impact cognitif de l’usage de ChatGPT. 54 jeunes adultes âgés de 18 à 39 ans, répartis en trois groupes, ont été invités à rédiger des dissertations de type SAT (l’équivalent américain du baccalauréat) dans des conditions différentes :
• Un groupe utilisant ChatGPT
• Un groupe utilisant Google
• Un groupe n’utilisant aucun outil numérique, reposant uniquement sur leur mémoire
Pendant l’exercice, leur activité cérébrale était mesurée grâce à un électroencéphalogramme, une méthode permettant d’observer les connexions neuronales en temps réel. Les résultats ont révélé une chute significative de l’activité cérébrale chez les utilisateurs de ChatGPT, notamment dans les zones associées à la mémoire, à la créativité et à l’engagement cognitif.
Moins de connexions cérébrales chez les utilisateurs de ChatGPT
Les résultats sont sans appel : le groupe utilisant uniquement son cerveau présentait les réseaux neuronaux les plus actifs et les plus étendus. Les utilisateurs de Google affichaient une activité intermédiaire, tandis que les utilisateurs de ChatGPT avaient l’activité cérébrale la plus faible.
« Le recours systématique à l’IA appauvrit l’engagement cognitif, réduit la mémoire et freine la créativité », alerte Nataliya Kosmyna, chercheuse principale du projet.
Pire encore : 83 % des utilisateurs de ChatGPT étaient incapables de se souvenir de ce qu’ils avaient écrit quelques minutes plus tôt, contre seulement 11 % chez ceux n’ayant utilisé aucun outil.
Une baisse progressive de l’engagement mental
L’étude, répétée sur plusieurs mois, a révélé une diminution progressive de l’activité cérébrale chez les utilisateurs réguliers de ChatGPT. Les rédactions devenaient de plus en plus plates, sans originalité, souvent copiées-collées, selon les correcteurs humains.
« Les cerveaux en développement sont les plus vulnérables », insiste Nataliya Kosmyna, chercheuse principale du projet qui redoute qu’un jour « une maternelle GPT » voie le jour.
Selon Kosmyna, plus les participants utilisaient ChatGPT, plus leur cerveau s’éteignait au fil des séances. Beaucoup se contentaient rapidement de copier-coller les réponses fournies, sans réfléchir ni reformuler.
Une menace pour les cerveaux en développement ?
Les chercheurs notent une vulnérabilité particulière chez les plus jeunes, encore en plein développement cognitif. Kosmyna va jusqu’à exprimer une inquiétude politique :
« Je redoute qu’un jour un ministre propose une « maternelle GPT ». Ce serait catastrophique », a t’elle déclaré.
Elle a même choisi de publier l’étude sans attendre la relecture par les pairs, convaincue de l’urgence d’informer le public.
Google stimule plus que ChatGPT
L’étude montre aussi que les utilisateurs de Google s’en sortent mieux que ceux de ChatGPT, mais restent loin derrière le groupe « cerveau seul ». Le moteur de recherche demande au moins un effort de sélection et de synthèse. ChatGPT, lui, donne des réponses toutes faites, prêtes à consommer.
Le MIT tire la sonnette d’alarme
Si cette étude est encore préliminaire, elle soulève une vraie question : notre confort numérique vaut-il la peine de sacrifier notre activité mentale ? L’IA n’est pas un ennemi en soi, mais une mauvaise utilisation peut conduire à une perte progressive de notre capacité à penser, réfléchir, créer. L’enthousiasme aveugle pour l’IA pourrait masquer un enjeu de société majeur : la perte progressive de nos capacités d’analyse, de mémorisation et d’esprit critique.
Alors que l’intelligence artificielle devient omniprésente dans nos vies, cette étude nous invite à repenser notre rapport aux technologies. ChatGPT n’est pas un outil neutre, et son usage excessif pourrait bien altérer notre cerveau plus vite qu’on ne l’imagine.