Donald Trump a dévoilé ce mercredi un plan choc sur l’intelligence artificielle (IA), qui imposerait aux entreprises d’IA bénéficiant de contrats fédéraux d’être politiquement neutres et impartiales dans leurs modèles de chatbots.
Un plan qui met ainsi fin à l’approche prudente de son prédécesseur Joe Biden. Ce plan repose sur trois piliers : la déréglementation pour accélérer le développement, l’expansion massive des infrastructures IA, et une offensive contre les IA jugées trop idéologiques.
L’objectif affiché est de défendre la liberté d’expression, contrer les modèles jugés biaisés et assurer la suprématie technologique des États-Unis face à la Chine. « Nous devons veiller à ce que la liberté d’expression prospère à l’ère de l’IA et à ce que l’IA acquise par le gouvernement fédéral reflète objectivement la vérité plutôt que des programmes d’ingénierie sociale », indique la Maison Blanche dans son plan d’action.
Ci-dessous, les grands axes du plan IA du président Trump.
Une IA sans « biais idéologique »
L’un des axes majeurs du plan consiste à bannir toute IA perçue comme porteuse de valeurs “woke” ou engagée dans des initiatives de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI). Pour Trump, ces tendances compromettent la neutralité des systèmes. Son administration prévoit d’interdire aux agences fédérales de contracter avec des entreprises développant des modèles d’IA contenant ces biais.
Michael Kratsios, conseiller technologique de la Maison Blanche, a précisé que l’enjeu est de préserver la liberté d’expression dans l’écosystème IA. Une mise à jour des lignes directrices fédérales est prévue, pour s’assurer que les IA financées ou utilisées par le gouvernement soient « objectives » et « neutres idéologiquement ».
Déréglementation et expansion des centres de données
Le plan entend aussi accélérer la construction de centres de données, cruciaux pour faire fonctionner les modèles IA. Trump veut assouplir les normes environnementales, simplifier les processus d’autorisation et exploiter les terres fédérales, y compris les parcs naturels et les bases militaires.
Des programmes comme FAST-41 pourraient être étendus pour faciliter les grands projets. Le mot d’ordre est clair : “Construire, construire, construire”, selon Trump.
Dominer la course mondiale à l’IA, face à la Chine
La Maison Blanche affirme que cette stratégie est essentielle pour conserver un leadership mondial, notamment face à la Chine. « Le président Trump a indiqué que l’avancement voire la domination des Etats-Unis dans l’intelligence était une priorité nationale », a rappelé, lors d’un point de presse téléphonique, David Sacks, principal conseiller de la Maison Blanche pour l’IA.
« Nous sommes engagés dans une course à l’échelle mondiale pour prendre les devants dans l’IA et nous voulons que les Etats-Unis gagnent cette course », a-t-il expliqué.
Le plan prévoit un soutien massif aux exportations d’IA américaines via les bras financiers de l’État, comme la Banque d’import-export. Trump a d’ailleurs activement participé aux accords passés entre OpenAI, Oracle, Nvidia et les Émirats arabes unis.
Parallèlement, le plan cible la sécurisation de la chaîne d’approvisionnement en excluant les technologies “hostiles”, notamment chinoises, des systèmes IA américains.
Un plan pro-innovation mais controversé
Le plan veut favoriser les modèles d’IA ouverts et accessibles aux chercheurs, tout en garantissant leur conformité avec les “valeurs américaines”. Il soutient les start-ups dans l’accès aux ressources de calcul, jusque-là réservées aux géants du cloud.
Cependant, cette vision soulève des inquiétudes : comment mesurer la “neutralité” d’un modèle IA ? Des experts comme Rumman Chowdhury pointent le risque d’atteinte au Premier Amendement, tandis que des juristes redoutent une instrumentalisation politique de l’IA.
Sûreté, sécurité et militarisation de l’IA
La sécurité nationale est au cœur du plan : 23 occurrences dans le document officiel. Le Pentagone est invité à intégrer l’IA dans ses opérations et à tester régulièrement ses systèmes via des hackathons. Trump demande aussi aux agences de surveiller les projets étrangers d’IA pouvant menacer les intérêts américains.