Francesco Salicini, un YouTubeur italien spécialisé dans les consoles rétro, se retrouve dans une tempête judiciaire pour avoir testé des consoles de jeu préchargées avec des ROM.
Ce passionné, suivi pour ses vidéos d’émulation, est désormais visé par la Guardia di Finanza (la police financière italienne) et accusé d’avoir violé la législation sur le droit d’auteur. Si au départ il se présentait comme une victime, de nouvelles révélations jettent un sérieux doute sur sa version des faits.
Perquisition, saisies et enquête pour piratage
En avril 2025, les autorités italiennes se sont rendues au domicile de Francesco Salicini avec un mandat de perquisition. Elles ont saisi plus de 30 consoles rétro de marques comme Anbernic ou Powkiddy, ainsi que son téléphone portable. Motif : suspicion de promotion de contenu piraté via des consoles vendues avec des microSD chargées de jeux anciens protégés par le droit d’auteur.
Bien qu’il ait clamé son innocence, affirmant n’avoir jamais été sponsorisé par les marques testées, Salicini est accusé de violation de l’article 171 du Code italien sur le droit d’auteur. Il risque jusqu’à 15 000 € d’amende et trois ans de prison.
Les révélations qui changent tout
Jusqu’ici perçu comme un passionné victime d’un excès de zèle, Salicini voit son image écornée par de nouvelles preuves :
• Il avait publié un article de blog intitulé « Où trouver des ROM » avec des liens vers des sites de téléchargement illégal.
• L’article a été effacé depuis, mais il reste accessible via des archives web.
• Sur Telegram, il proposait à la vente des consoles d’occasion livrées avec des cartes SD pleines de jeux, ce qui pourrait être considéré comme de la distribution de contenu piraté.
Dans une de ses vidéos, il allait même jusqu’à expliquer comment copier ces fichiers pour les utiliser sur d’autres appareils. Une démarche difficile à justifier comme “simple test”.
Liberté d’expression ou infraction manifeste ?
Salicini affirme avoir agi en toute transparence et objectivité, mais ses recommandations contournent ouvertement la loi. La simple mention “téléchargez uniquement ce que vous possédez déjà” ne suffit pas juridiquement à se dédouaner.
Pourtant, cette affaire soulève aussi des questions de fond :
• Pourquoi les grandes plateformes comme Amazon ou AliExpress continuent-elles de vendre ces consoles en toute impunité ?
• Pourquoi s’attaquer à un YouTubeur plutôt qu’aux fabricants ?
Certains y voient une opération “coup de poing” contre un visage visible, plus facile à sanctionner que les vendeurs anonymes.
Un cas emblématique qui divise la communauté
La communauté rétrogaming est partagée. D’un côté, ceux qui dénoncent une chasse aux sorcières disproportionnée ; de l’autre, ceux qui estiment que Salicini a joué avec le feu en flirtant avec la légalité.
L’enquête suit son cours, et un procès semble inévitable. Le juge devra décider s’il y a eu infraction avérée ou si l’on assiste à un cas de sur-réaction face à une pratique courante mais tolérée dans l’ombre.